LE JOUEUR

Mais le plaisir est toujours utile et un pouvoir absolu, sans limites, fût-ce sur une mouche, est aussi une sorte de jouissance.

En s’attachant à suivre le personnage principal et narrateur de ce récit, on peut en résumer l’intrigue assez rapidement: un jeune noble russe désargenté mais ambitieux suit à l’étranger la famille qui l’emploie comme précepteur. Follement amoureux de la belle fille de son employeur, il accepte de jouer pour elle au casino mais comme il l’avait pressenti il se découvre une passion pour la roulette. Le jeu devient sa planche de salut pour réaliser son bonheur, son amour, son ambition.
Mais il y a des intrigues dans l’intrigue et Le Joueur réunit une galerie de figures de la bonne société et de la noblesse; ils sont russes pour la plupart, exilés à l’étranger et cherchent fortune et amour dans les villes de jeux des bords du Rhin. C’est à Roulettenbourg qu’Alexeï Ivanovitch, notre héros, retrouve Polina Alexandrovna (dont il est follement amoureux) ainsi que toute la famille; il y a le Général, le beau père de cette dernière, homme respectable mais qui s’est malheureusement pris de passion pour une intrigante française du nom de Mlle Blanche. Ruiné, il joue son salut, son bonheur en pariant sur le décès imminent de sa vieille tante moscovite, la Grand-mère. Il y a le Français, le Marquis des Grieux (sans doute pas plus marquis que Mlle Blanche n’est comtesse) qui est lié au Général par des intrigues financières et amoureuses. Si la Grand-mère meure et si l’héritage se confirme, le Général épouse Mlle Blanche, le Français récupère son argent et demande la main de Polina. Tout et tout le monde est dans l’attente! Tous sont joueurs et jouent gros.
Il y a un troisième regard sur cette intrigue, celui fixé sur ce narrateur bien particulier, prisonnier de sa passion, de son récit; cloîtré dans une petite chambre quelque part en Europe et attaché à ses carnets où il fait le compte-rendu précis, passionné de toute cette aventure miraculeuse, fantastique qu’il vient de vivre et qu’il refuse d’oublier.
C’est cette troisième voie que nous avons privilégiée pour vous présenter notre Joueur.
L'enfance d'Ivan_Tarkovsky_1962_500px

14, 15, 16 décembre 2022

Distribution

Textes Fédor Dostoïevski
Mise en scène Philippe Cotten

Jeu
Aurélien Piffaretti