L’ÉPAULE DE DIEU

Dernière sortie avant péage

François Marchasson

Hervé Van der Meulen

“On m’avait promis que je ne mourrais que lorsque je l’aurais décidé moi-même.”
Eugène Ionesco / extrait de Le Roi se meurt


 

Deux hommes se retrouvent précipités dans des circonstances sans ordre qui sembleraient leur déformer, voire leur confisquer le Réel – ou partie. Réalité escamotée jusque dans ses dimensions de Temps et d’Espace où le discours peine à s’implanter. Dans un contexte qu’ils semblent à la fois connaître et méconnaître, où la mémoire dérape, butte sur elle-même mais sans leur échapper totalement, chacun souhaiterait retrouver un chemin, une logique apparente, une mesure commune qui leur permettrait de s’ajuster. Mais quelle issue emprunter pour se sortir de ce couloir ? Quel mot pour se hisser de cette impasse apparente qui les empêche, mais qui semble nuire à l’un plus qu’à l’autre ?

Peut-être un dialogue ?


Suite à un grave accident de la route, deux personnages – apparemment d’âge mûr – et d’origine sociale qu’on devine bien différente – se retrouvent ici dans un no man’s land…

Bord d’autoroute ? Chambre d’hôpital ? Inconscience du coma ? Ou ce long couloir qu’on nous décrit parfois comme le passage du monde d’ici-bas dans l’au-delà ? Et que certaines personnes – qui ont frôlé la mort – ont pu nous rapporter.

L’UN et l’AUTRE (l’auteur en tout cas au départ de sa pièce ne leur donne pas d’avantage d’identité) attendent dans ce couloir qu’un être mystérieux vienne les chercher et les embarquer pour le fameux voyage…

Ou plutôt vienne chercher seulement l’un d’eux… L’AUTRE… car il semblerait que l’autre, L’UN… ait déjà dû faire une partie du trajet…

Rien de plus, mais rien de moins en effet que ce point de départ – dans ce dialogue ciselé au cordeau -sur cette interrogation à laquelle nous sommes où nous serons tous confrontés un jour !

François Marchasson traite ici ce sujet grave et profond. Il le fait avec humour, férocité, cocasserie, mais aussi tendresse pour ces deux êtres que la vie a déjà bien marqués. Il crée deux figures à la fois becketiennes et tchekhoviennes – donc diaboliquement humaines – qui confrontées à cette situation luttent avec eux-mêmes et entre eux.

François Marchasson a le sens du dialogue, de la situation dramatique ; il sait créer des personnages magnifiques ; il connaît la vie et les acteurs. Son ton est précis, original, implacable !…

 


Hervé Van der Meulen, metteur en scène

Acteur, metteur en scène, directeur et pédagogue.

Depuis sa sortie du Centre d’art dramatique de la rue Blanche, il a joué Shakespeare, Lope de Vega, Corneille, Molière, Racine, Lesage, Marivaux, Voltaire, Beaumarchais, Goldoni, Musset, Dumas, Labiche, Tchekhov, Feydeau, Breton, Claudel, Soupault, Anouilh, Wesker, Nathalie Fillion, Daniel Besnehard, Kroetz… soit plus de soixante spectacles, sous la direction de Raymond Paquet, Jean-Pierre André, Yves Gasc, Roland Monod, Bernard Anberrée, Jean Danet, Philippe Rondest, Ricardo Camacho, Laurent Pelly, Jean-Louis Martin-Barbaz, Jean-Marc Montel, Patrick Simon, Patrick Paroux, Nathalie Fillion, Christophe Lemaître, Agathe Alexis, Alain Barsacq, Chantal Déruaz, Jean-Louis Thamin, Igor Mendjisky…

Assistant de Jean Danet aux Tréteaux de France, d’Yves Gasc pour la Cie Laurent Terzieff et à la Comédie-Française, metteur en scène du Bourgeois gentilhomme en espagnol à Bogota (Colombie), de Nocturne à Nohant de Dominique Paquet au Théâtre des Mathurins, de La Périchole de Jacques Offenbach au Théâtre du Trianon, des Sincères de Marivaux au Festival d’Avignon, de Samson et Dalila, l’opéra de Camille Saint-Saëns, au Sieur Du Luth Summer Arts Festival aux Etats-Unis… il a mis en scène pour Le Studio d’Asnières Rodogune de Corneille, Les Chemins de fer et Les Trente Millions de Gladiator de Labiche, Le Conte d’hiver et Beaucoup de bruit pour rien de Shakespeare, L’Ingénu de Voltaire, Phi-Phi de Christiné, Monsieur Choufleuri et Le Château à Toto d’Offenbach, La Diva de l’Empire : revue 1900, Le Triomphe de l’Amour de Marivaux, Les Vagues de Virginia Woolf, Jacques ou la soumission et L’Avenir est dans les oeufs ainsi que Jeux de Massacre de Ionesco, L’Echange de Claudel, Le Petit Tailleur des frères Grimm, Coups de roulis de Willemetz et Messager, Journal d’un fou de Gogol, Les Mamelles de Tirésias (la pièce de Guillaume Apollinaire et l’opéra de Francis Poulenc réunis),…

Il a également co-mis en scène avec Jean-Marc Hoolbecq Bajazet de Racine, La Boîte à Joujoux de Claude Debussy, et Histoire du soldat de Ramuz et Stravinsky.

En 2010, il met en scène La Dame de chez Maxim de Feydeau au Théâtre de l’Ouest Parisien de Boulogne-Billancourt, repris dans plusieurs festivals estivaux, puis au Studio d’Asnières et en tournée la saison suivante. En 2011 et 2012, il joue Monsieur Jourdain dans Le Bourgeois Gentilhomme de Molière, mis en scène par Laurent Serrano, Le Comte de Parme dans La Conversation de Bolzano de Sandor Marai, mis en scène par Jean-Louis Thamin, et reprend en tournée Turelure du Pain dur de Claudel, mis en scène par Agathe Alexis et Alain Barsacq. En 2013, il met en scène, au Studio-Théâtre d’Asnières, Une des dernières soirées de carnaval de Carlo Goldoni, spectacle repris en 2014, notamment au Théâtre de l’Ouest parisien de Boulogne-Billancourt et au Théâtre Montansier à Versailles. En 2015, il met en scène Dancefloor Memories de Lucie Depauw à le Comédie-Française. En 2016, il dirige Patrick Poivre d’Arvor et Alexandra Kazan dans arde alternée d’Edwige Antier et Louis-Michel Colla au Théâtre des Mathurins et au Théâtre de la Gaîté Montparnasse à Paris et joue Déjeuner chez Wittgenstein de Thomas Bernhard au Théâtre de l’Atalante puis en tournée.

Ces trois dernières saisons, en co-production avec le Théâtre Montansier de Versailles, il signe pour le Studio d’Asnières les mises en scène de Dialogues des Carmélites de Georges Bernanos (spectacle également présenté au Festival d’Anjou), Rabelais de Jean-Louis Barrault, Peines d’Amour perdues de Shakespeare. En 2018, il a également joué Un Jour en Octobre de Georg Kaiser au Théâtre de l’Atalante à Paris. En 2019, il reprend Déjeuner chez Wittgenstein de Thomas Bernhard au Poche Montparnasse (deux mises en scène d’Agathe Alexis), joue Boyer dans Peines d’Amour perdues à Versailles, Asnières et au Festival d’Anjou, et Le Corbeau blanc de Donald Freed, mise en scène de William Mesguich au Festival d’Avignon. En 2020 il met en scène L’Epaule de Dieu de François Marchasson au Théâtre de l’Atalante ainsi que La Maison d’Os de Roland Dubillard au Théâtre Montansier et à Asnières. Son spectacle Rabelais est également repris au Théâtre 13 à Paris.

Directeur du Studio d’Asnières-sur-Seine, Hervé Van der Meulen dirige également le Centre de Formation des Apprentis Comédiens, devenu, depuis septembre 2014, l’Ecole Supérieure de Comédiens par l’Alternance (E.S.C.A.).


 

François Marchasson – texte et interprétation (rôle : L’UN)

Formé chez Jean-Louis Martin-Barbaz, François Marchasson a travaillé au théâtre sous la direction de Daniel Mesguich, Charles Tordjman, Jean-Louis Thamin, Jean-Louis Martin-Barbaz, Robert Hossein, Jean Poiret, François Florent, Arlette Téphany et Pierre Meyrand.

Il tourne pour le cinéma, notamment avec Denys de la Patellière, Philippe Lioret, J.M. Van der Voot, Olivier Marchal, A. Bustillo et J. Maury…

Il joue dans de nombreuses dramatiques et émissions de télévision (plus d’une cinquantaine) sous la direction de D. Granier Defferre, J. Sagols, P. Planchon, P. Badel, P. Boutron, J. Malaterre, D. Malleval, C. de Chalonge, M. Favart, P. Monnier, P. Jamain, JL Goldenberg, B. Garcia, … etc.

Il a mis en scène au théâtre René de Obaldia, Marivaux, Harold Pinter et Shakespeare.

Ces dernières années il se consacre à l’écriture : Visites 1 et Visites 2, La vie est belle (monologue pour femme), Virage(s), Police, monologue monté en Avignon off 2018, et Annecy, L’Epaule de Dieu, Liz, pièce à quatre personnages écrite pour Valentine Galley,

Et la vie si pressante, autre monologue pour une femme de 50 ans qui sera interprété par Anne Leguernec (projection d’une lecture en Avignon 2021), Vous dansez ? (En lecture).

Patrick Paroux – interprétation (rôle : L’AUTRE)

Formé par Jean-Louis Martin-Barbaz, Patrick Paroux travaille au théâtre, au cinéma et à la télévision depuis plus de quarante ans.

Au théâtre il a joué dans plus de quarante spectacles sous la direction de Jean-Louis Martin-Barbaz, Jean-Marc Montel, Patrick Simon, Andréas Voutsinas, Aurore Prieto, Philippe Noël, Hervé Van der Meulen, Mylène Bonnet, Thierry Atlan, Anne-Cécile Crapie… et notamment sous la direction de Philippe Adrien dont il a été récemment l’Arnolphe de L’Ecole des Femmes de Molière au Théâtre de la Tempête.

Au cinéma il a tourné pour Gérard Mordillat, Arthus De Penguern, Denys Arcand, Martin Valente, Patrcik Timsit… et beaucoup pour Jean-Pierre Jeunet (Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain, Delicatessen, Un long dimanche de fiançailles, etc).

A la télévision, il a travaillé sous la direction de nombreux réalisateurs (plus d’une cinquantaine de dramatiques) : Josée Dayan, Fabrice Cazeneuve, Gérard Mordillat, Philippe Proteau, Jean-Daniel Verhaege, Pierre Boutron, Marc Rivière, José Pinheiro, Jean-Louis Bertuccelli, Edouard Molinaro… Depuis plusieurs saisons il est l’un des personnages récurrents de la série Camping Paradis diffusée tous les lundis sur TF1.

Patrick Paroux s’est aussi essayé avec bonheur à la mise en scène : il monte Lesage et Labiche pour le Studio d’Asnières et le Festival de Cormatin, Tchékhov pour la Gaîté Montparnasse, Jules Verne pour le CREA, Raymond Carver pour le Lucernaire…

L’épaule de Dieu

Du 04/01 au 27/01/ 2020

Les lundis, mercredis et vendredis à 20h30
Les jeudis et samedis à 19h
Les dimanches à 17h

Relâche mardi

à partir de 16 ans
Durée du spectacle : 80 minutes

Mise en scène : Hervé Van der Meulen
Scénographie : Claire Belloc
Costumes : Isabelle Pasquier
Lumières : Stéphane Deschamps
Musiques: Stéphanie Gibert

avec :

François Marchasson : l’un
Patrick Paroux : l’autre

Et avec la voix de Raphaèle Bouchard

Production Le Studio d’Asnières
En co-réalisation avec l’Atalante
Ce projet est soutenu par l’ADAMI (dans le cadre du programme Adami-déclencheur) et par la SPEDIDAM

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