LA CRUCHE CASSÉE

Heinrich von Kleist

Bernard Sobel

SPECTACLE ANNULÉ

Les représentations de La cruche cassée sont reportées. Nous vous proposerons bientôt une autre programmation pour cette période.

 

« À l’origine de cette comédie se trouve vraisemblablement un fait historique, mais je n’ai pu obtenir sur lui aucun renseignement précis. Si j’ai été amené à la composer, c’est à cause d’une estampe que j’ai vue en Suisse, il y a plusieurs années. On y remarquait tout d’abord un juge siégeant gravement au tribunal ; devant lui se trouvait une vieille femme qui tenait en mains une cruche cassée et semblait faire la preuve des torts qu’elle avait subis ; l’accusé, un jeune paysan que le juge apostrophait avec violence comme si sa culpabilité était établie, se défendait encore, mais faiblement ; une jeune fille qui avait vraisemblablement témoigné, en cette affaire (car qui sait à quelle occasion le délit avait été commis ?) se tenait entre sa mère et son fiancé et tortillait son tablier entre ses doigts, – on ne peut pas avoir une mine plus défaite après avoir prêté un faux témoignage; et le greffier (il avait peut-être regardé la jeune fille peu auparavant) jetait maintenant sur le juge le regard méfiant que Créon jetait sur Œdipe dans une semblable occasion. On lisait au-dessous : La Cruche cassée. L’original était, si je ne me trompe, d’un maître hollandais ».

Henrich von Kleist, Préface de La Cruche cassée

Heinrich von Kleist est né en 1777 à Francfort-sur-l’Oder dans une famille noble de militaire En 1788 son père meurt et laisse sa famille dans une situation difficile.

Heinrich entre en 1792 dans l’armée comme caporal. Il en démissionne en 1799 et s’inscrit à l’université de Francfort où il étudie les mathématiques et les sciences naturelles. Il lit Kant ce qui le plonge dans une profonde dépression Après un voyage en France, il s’installe à Thun en Suisse. Il y termine sa première pièce La Famille Schroffenstein. Mais il a de nouveau une forte dépression et va s’installer à Weimar. Une fois remis, il part en voyage, Leipzig, Dresde, Berne, Milan, Genève, Paris. Il part de la capitale française à pied pour al­ler s’engager dans l’armée française qui prépare l’invasion de l’Angleterre afin de mourir pendant les combats, sans succès.

Alors il décide de retourner en Prusse. En cours de voyage il tombe malade et reste alité six mois. Il termine un second texte, Robert Guiscard.

À la fin de sa maladie, il repart pour Berlin à l’été 1804. Ses amis arrivent à lui procurer un poste à l’administration des Domaines à Koenisberg, où il arrive en mai 1805. C’est là qu’il écrit Michael Kohlaas, La Marquise d’OAmphitryon d’après Molière et La Cruche cassée, Napoléon pendant ce temps a envahi l’Allemagne. En 1807 Kleist cherche à gagner Dresde. Il est arrêté par les Français qui le soupçonnent d’espionnage et envoyé comme prisonnier de guerre au Fort de Joux où il est incarcéré du 5 mars au 9 avril 1807. Puis il est transféré à Châlons-sur Marne et enfin il est libéré en juillet 1807.

Il s’installe à Dresde fin août 1807 et termine sa nouvelle Tremblement de terre au Chili. Il y écrit aussi deux nouvelles pièces, Penthésilée et La Petite Catherine de Heilbronn. En 1808 La Cruche cassée est représentée pour la première fois. En 1810 espérant la fin de l’occupation française, il écrit un drame en hommage à la famille Hohenzollern, Le Prince de Hombourg. La même année, il rencontre une femme mariée, Henriette Vogel, avec qui il va échanger une correspondance amoureuse. En 1811, Kleist demande et obtient sa réintégration dans l’armée. Fin novembre 1811, il donne rendez-vous à Henriette Vogel à Wannsee, près de Potsdam, où ils se donnent la mort.

LA CRUCHE CASSÉE

Kleist eut initialement l’idée de la pièce en 1801, en contemplant une gravure sur cuivre titrée Le juge, ou la cruche cassée. En 1803, attaqué sur ses capacités à écrire une comédie, Kleist dicta les trois premières scènes de la pièce, qui ne fut complétée qu’en 1806. Goethe programma la pièce pour la première fois à Weimar, où la première eut lieu le 2 mars 1808.

En 1937, parut un film allemand reprenant le titre, avec Emil Jannings dans le rôle principal. En 1944, la pièce fut mise en film à Mexico par le réalisateur allemand Alfredo B. Crevenna, sous le titre Adan, Eva y el Diablo (Adam, Éve et le diable), avec les acteurs Roberto Soto, Emma Roldan, Amalia Wilhelmy et Perla Aguiar.

du 23/03 au 20/04 2019

Les lundis, mercredis et vendredis à 20h30
Les jeudis et samedis à 19h00
Les dimanches à 17h00
Relâche les mardis

à partir de 12 ans
Durée du spectacle : 90 minutes

Coréalisation Théâtre de l’Atalante