Franz Schubert – Voyage d’Hiver

Michel Hermon chante Schubert

Wilhem Müller (Auteur) Franz Schubert (Compositeur)

Michel Hermon (metteur en scène)

Composition du voyage d’hiver

Ce cycle comprend 24 lieder, dont la genèse est la suivante. Wilhem Müller a écrit les 24 chants du Voyage d’hiver en trois étapes, et chacune d’elles a été publiée séparément. En 1822 il écrit les 12 premiers chants ils sont publiés dans l’édition Urania de poche de 1823 sous le titre de « Wanderlieder von Wilhelm Müller. Die Winterreise » (Chants d’errance de Wilhem Müller. Voyage d’hiver).Ce sont ces chants qui seront mis en musique par Schubert. En 1823 il ajoute dix poèmes  qui vont être publiés dans la revue « Deutsche Blätter für Poesie, Litteratur, Kunst und Theatre » (Revue allemande de poésie et de littérature, art et théâtre). Les deux derniers poèmes sont Die Post (La poste) et L’illusion(Täuschung.) ajoutés  aussi en 1823.

Après avoir tant chanté le mouvement de l’eau, celui de l’errance, le mystère fluctuant de la nuit, Schubert se fige dans l’immobilité du désespoir. Et dans cet hiver qui n’en finit pas de 1827, après une grande période de glaciation créatrice, il découvre les textes de Wilhem Müller (1794-1827), à peine parus et qui sonnent en complète harmonie avec l’hiver de son âme. Il s’attaque en secret à son Palais de Glace, à un recueil qu’il ne pense pas tant en cycle, qu’en unité de sentiments ; il entreprend son voyage au bout de la nuit glacée. Les douze poèmes de Müller le bouleversent, et lui superstitieux voit s’amonceler les preuves de sa dernière solitude.

Hermon et Brillaud Voyage d'Hiver

circa 1820: Austrian composer Franz Peter Schubert (1797-1828). An engraving by Weger. (Photo by Rischgitz/Getty Images)

W I N T E R R E I S E

V O Y A G E    D ’ H I V E R

 24 poèmes de Wilhelm Müller,  mis en musique par Franz Schubert

LE PROGRAMME / LES POÈMES

  1. Etranger il est venu, étranger il repart. Au milieu de la nuit, l’homme prend la fuite. Mais il dit qu’on le chasse. Sur la porte où « elle » dort, il écrit en passant : Bonne nuit ! Dehors, la nature ensevelie sous la neige.
  2. Le vent joue avec la girouette sur le toit, image fantastique de l’infidèle.
  3. Au matin sur la route.
    Les larmes gèlent sur le visage de l’homme.
  4. Engourdissement. Il court la campagne enneigée, en quête d’un objet, d’une trace pour se souvenir d’elle et de lui. Il dit que la glace retient son image à elle, fixée dans son cœur.
  5. Le chant du tilleul.
    Comme si l’arbre le rappelait au loin, dans le passé.
  6. Les larmes de l’homme tombent dans la neige et, mêlées au ruisseau, s’en retournent à la ville où « elle » l’a oublié.
  7. Sur la rivière gelée qu’il ne reconnaît plus, il grave deux dates : celle de la rencontre et celle de son départ.
    Il dit que son cœur est comme ce torrent changé en glace.
  8. Tandis qu’il fuit en avant, soudain pris de panique, il revoit son heureuse arrivée dans la ville, aux beaux jours, et comment il fut pris au piège.
  9. Il descend, de nuit, dans des gorges sombres, attiré
    par un feu follet, peu soucieux de se perdre. Il dit que toute douleur trouve à la fin sa tombe.
  10. Enfin il a trouvé refuge dans la cabane d’un
    charbonnier. Mais son corps meurtri lui refuse le repos.
  11. Il sombre enfin dans le sommeil. Merveilleux rêve
    de printemps et de fleurs. Le réveil est plus amer encore.
  12. Il est reparti sur la route. Il fait beau.
    Il dit qu’il préférait encore la tempête.
  13. De la chambre d’une auberge où il s’est arrêté, il entend la voiture du postillon qui approche. Il tressaille.
    Comme si pouvait encore lui parvenir une lettre.
  1. Il voit le givre sur ses cheveux et croit être vieux déjà. Il le voudrait. Il dit que sa jeunesse lui fait horreur.
  2. Une corneille l’a suivi depuis le début du voyage. Elle vole au-dessus de lui et semble attendre qu’il s’effondre pour le dévorer. Il dit que l’oiseau du moins lui apprend ce qu’est la fidélité jusqu’à la mort.
  3. Devant un arbre dénudé où seules quelques feuilles tiennent encore. Il joue à accrocher son espoir à une de ces feuilles : si elle tient encore… mais la feuille tombe et le dernier espoir avec elle.
  4. Il traverse un village, de nuit. Les chiens grondent,
    leurs chaines grincent. Tous les gens dorment dans leur lit et rêvent.
    Il se moque d’eux. On voit là que tout s’est inversé pour lui : il dit qu’il en a fini avec tous les rêves, pourquoi s’attarder au milieu des dormeurs ?
  5. Le matin vibrant d’orage, le ciel plein de flammes.
    Il dit qu’il y voit sa propre image, celle du sauvage 
    hiver.
  6. Encore une flamme dansante devant lui qui le tente et semble l’entraîner vers la chaleur depuis longtemps perdue d’une maison. Mais il n’y a plus que l’illusion.
  7. Les bornes qui se dressent sur le chemin, indiquant des villes et des lieux où aller, il ne veut plus les suivre.
    Il dit qu’il doit prendre une route dont personne n’est revenu.
  8. Auberge impitoyable, un cimetière où il a échoué, le repousse : ici non plus, pas de place pour lui.
  9. Courage ! Il se redresse et veut chanter encore,
    contre le vent et la tempête. Il dit que puisqu’il n’y a pas de dieux sur terre, il faut être nous-mêmes des dieux.
  10. Il voit trois soleils dans le ciel. Il dit qu’il voudrait
    l’obscurité.
  11. A la sortie d’un village, il y a un joueur de vielle,
    misérable, sautant d’un pied sur l’autre dans la neige.
    Personne ne l’écoute, personne ne le regarde, les chiens grondent autour de lui.
    – Dois-je aller avec toi, étrange 
    vieillard, dit le voyageur, chanteras-tu mes chansons sur ta vielle ?

Jeudi 17 mai à 20h30
Vendredi 18 mai à 20h30

à partir de 15 ans
Durée du spectacle : 90 minutes

Michel Hermon: Basse

Christophe Brillaud: Piano